La France rend 240 antiquités à l’Égypte

D’époque pharaonique, byzantine ou romaine, les pièces avaient été cachées dans des répliques d’objets de valeur.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, accueille le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, jeudi 27 novembre 2014 à Paris.

Le président du Sénat, Gérard Larcher, accueille le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, jeudi 27 novembre 2014 à Paris.

Stockées depuis à l’aéroport Charles de Gaulle, elles seront exposées temporairement au musée égyptien du Caire.

Quelle est la valeur de ces pièces ?

Des dizaines de statuettes de serviteurs funéraires, des amulettes en or, de la monnaie, des éléments de sarcophages… À deux reprises, en 2010, c’est en ouvrant des répliques d’antiquités, identifiées comme telles, que les douaniers de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle avaient eu la surprise de découvrir environ 240 objets, bien authentiques ceux-là. Après avoir été stocké plus de quatre ans à l’aéroport, le trésor va enfin être rendu à l’Égypte en marge de la visite en France du président Abdel Fattah Al Sissi.

Les objets, qui datent surtout de l’époque pharaonique, mais aussi byzantine et romaine, proviennent de plusieurs fouilles illicites. « Ces fouilles ont certainement été pratiquées dans une nécropole, précise Ali Ahmed, directeur des rapatriements au ministère égyptien des antiquités. Selon moi, elles ont été trouvées en majorité à Saqqara et Héliopolis [près du Caire], mais il faudra attendre leur retour pour les analyser et déterminer leur provenance exacte ».

Égyptologue, Ali Ahmed est particulièrement impatient de découvrir une stèle, brisée en deux, portant une scène gravée d’offrandes à Osiris par un noble égyptien. « En analysant les inscriptions, nous pourrons en savoir plus sur ce personnage encore non identifié », précise Ali Ahmed. Signe que les pilleurs auraient pu découvrir un tombeau encore inconnu.

Pourquoi ce rapatriement a-t-il pris quatre ans ?

Plusieurs années pour remettre des œuvres pourtant saisies dès leur arrivée en France, avant même leur mise sur le marché : un tel délai surprend. « Cela s’explique par le respect des règles, notamment judiciaires », justifie Jean-Charles Lamonica, attaché de sécurité intérieure à l’ambassade de France en Égypte.

Afin d’accélérer les procédures, la France et l’Égypte envisagent de signer une convention bilatérale. À part six objets en décembre 2013, aucune restitution n’avait eu lieu depuis des années, mais de telles opérations pourraient se multiplier. L’Égypte a connu une vague de pillages sans précédent après la Révolution de 2011, quand la police s’est largement retirée des sites archéologiques, et la France est un grand marché d’antiquités.

« L’Égypte sort d’une phase difficile et nous souhaitons renforcer la coopération. Il faut mieux lutter contre ces trafiquants, qui ont des moyens lourds et qui gagnent beaucoup d’argent avec ce trafic », confirme le colonel de gendarmerie Ludovic Ehrhart, chef de l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels.

Que vont devenir ces pièces en Égypte ?

« Ces objets volés appartiennent au patrimoine de l’Égypte, les faire revenir est une question de justice », insiste Ali Ahmed. En mai dernier, le Musée égyptien, situé place Tahrir au Caire, a ouvert un département des objets rapatriés. À chaque opération de restitution, les objets y sont exposés. « Je ne veux pas qu’ils soient déposés en réserve par la suite, s’inquiète Ali Ahmed. Il existe de nombreux musées où ils pourraient être exposés dans le pays ».

Source : La France rend 240 antiquités pillées à l’Égypte


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